Yannick Ballif (1927 - 2009)

Gravure, aquarelle, pastel, juillet 2025 et juin 2026

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Yannick Ballif, graveuse de renom du XXe siècle

Yannick Ballif a été une artiste réputée de son vivant. Polyvalente, elle s’illustra plus particulièrement dans la gravure, dans la peinture et le pastel, domaines dans lesquels elle excellait. Elle a pratiqué notamment l’eau-forte et la pointe sèche. Née Marriannick Swinnen  en 1927 à Longwy, elle est décédée en 2009 à Paris. Bien que son parcours n’ait probablement jamais croisé la Nièvre, le hasard des circonstances fait qu’un hommage lui a été rendu à Prémery, en 2025 et en 2026, à l’initiative de Christophe, l’un de ses quatre enfants, lors d’expositions ayant permis de découvrir ou de redécouvrir la richesse d’une œuvre aussi variée que stimulante et qui a laissé une empreinte durable dans le monde de l’art graphique du 20e siècle.

Une formation auprès des plus grands

Son parcours comporte une formation solide, des études de dessin dès 1944, l’étude de la gravure à la célèbre Académie Julian à Paris ainsi qu’auprès de Johny Friedlander, graveur et peintre réputé qui lui a communiqué la plupart des bases du travail, notamment les techniques d’intaille dans le cuivre, vers 1960. C’est ainsi qu’elle obtint dès 1961 le prix de la gravure à la deuxième biennale des jeunes de Paris. Elle a travaillé avec Paul Colin, artiste polyvalent, notamment célèbre pour son affiche de la « Revue nègre », à la préparation d’une rétrospective de ses affiches à la Maison de la Pensée Française. Elle a également fréquenté l’atelier de gravure à l’eau-forte de Jean-Eugène Bersier et de Robert Cami à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, où elle a poursuivi ses études jusqu’en 1965. Yannick Ballif fut enfin elle-même professeur de gravure à l’École Supérieure des Arts Appliqués de 1977 à 1984. Au cours d’une assez longue carrière, elle exposa ses œuvres en France, dans une dizaine de pays européens, mais également ailleurs dans le monde, comme à New York, San Francisco ou Buenos Aires. Ses œuvres sont exposées dans de nombreuses collections prestigieuses et musées à Édimbourg, Prague, Buenos Aires, Wroclaw, Katovice, Bradford, Paris (au Musée d’Art Moderne et dans le Cabinet d’Estampes de la Bibliothèque nationale), New York, Mexico. Elles ont fait l’objet d’enchères publiques de très nombreuses fois, et sont toujours proposées de nos jours.

Une grande maîtrise technique au service de l’émotion

Tant ses dessins que ses impressions font l’objet d’une grande précision. Il y a en outre une utilisation  souvent assez surprenante du relief. En utilisant en effet des techniques de gaufrage, elle ajoute dans certaines de ses œuvres une dimensionnalité étonnante. Les couleurs sont saisissantes, leur saturation fréquente s’affirmant généralement avec vivacité en juxtaposition du blanc du papier ou de lignes noires. Si le noir est éventuellement traité comme expression de la tristesse, disons de manière figurée de la noirceur, elle peut aussi le faire valoir en le traitant comme une couleur à part entière, qui peut alors dominer de manière aussi éclatante que toute autre. Sa maîtrise technique lui permet d’affirmer dans ses œuvres une présence forte, particulièrement vibrante, qui ne permet guère de rester indifférent.
Certains thèmes sont récurrents dans son parcours, tels les fleurs et les motifs floraux, l’eau, les affleurements rocheux. Mais, tout en maîtrisant parfaitement la délimitation des formes, l’œuvre peut aussi parfois se jouer aux limites de l’abstraction. On peut également déceler dans son inspiration une influence asiatique, notamment celle de l’art du dessin japonais. L’atmosphère dominante qui s’en dégage est paradoxalement à la fois composée de vivacité, d’émotion forte et de sérénité. Une œuvre à redécouvrir…

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